On va abréger le suspense : tout comme en 2017. Ou presque.

Il y aura cependant pas mal de choses qui permettent au jeu qui nous passionne tant d’évoluer, en bien ou en mal, c’est à vous de voir… Shot clock, antes, coaching, .eu, sexisme, mes sujets du jour.

Tout d’abord, la shot clock.  On a pu la voir en action sur les HR du PCA. C’est simple : les joueurs ont 30 secondes pour prendre leur décision. ils disposent cependant d’une sorte de time bank sous forme de plaquettes qu’ils peuvent utiliser en les jetant sur la table pendant leur réflexion. Pour ma part je suis assez dubitatif : si ça dynamise un streaming, ça risque de pénaliser la créativité. Je ne suis pas fan et n’espère pas voir cette clock envahir les tables. D’autant plus qu’avec un tel procédé, les tank (et hero call) à la Davidi, on oublie… Le dynamisme d’un streaming ne dépend pas de la présence ou non d’une clock pour prendre une décision mais d’une animation compétente pour analyser la réflexion, se poser des questions, aussi longue soit la prise de décision.

Les antes au bouton. Si j’ai bien compris, des tests sont en cours pour rendre possible le fait que les antes soient toutes payées par le bouton. Là, j’aime beaucoup. Déjà, ça facilite le travail du croupier, et ça ouvre des perspectives plutôt sympathiques : en plus des joueurs de blinde, le bouton se retrouve lui aussi engagé, et la petite blinde aura une côte implicite presque à chaque fois. Le bouton aura d’ailleurs d’autant plus d’intérêt à jouer qu’il aura à la fois la position et le fait qu’il est déjà engagé dans le coup. Je serais très curieux de tester ce type de format.

Le coaching prend (en France) une ampleur assez considérable. La plateforme de Yoh Viral entraîne beaucoup de monde et élève notablement le niveau de jeu sur les petits et moyens Buy in. De nombreux joueurs gagnants se sont par ailleurs improvisés coach au point, en ce qui concerne Yoh Viral, d’en faire un véritable business bien huilé dont la mécanique commerciale peut impressionner. Ce « tout coaching » commence d’ailleurs à susciter des réactions de défiance ou tout du moins de prudence. Mais de fait, les groupes de travail, les échanges, les vidéos, les streamings aussi d’ailleurs, dynamisent très fortement le monde du poker amateur online.

L’ouverture du marché en .eu ne suscite pas grand chose à mon égard : field plus grand, garanties plus élevées, et, du coup, variance accrue. A voir avec le temps.

Le sexisme dans le poker. Bon là, rien de nouveau. Et j’en viens à ce sujet (qui est le véritable objet de cet article)  suite à mon suivi du streaming du PCA. Une joueuse, la future vainqueure d’ailleurs il me semble (Maria Lampropoulos), a marché sur la table à la bulle. Exaspéré par les commentaires, j’ai posté sur FB ceci : « Donc sur le stream Ps du PCA, une fille qui marche sur la table à la bulle et passe de très beaux bluffs « ne les a pas laissées au vestiaire », « on peut dire qu’elle a des couilles » « qu’elle les met sur la table », etc. Bon, ceux qui en ont vraiment, ce sont ceux qui se font marcher dessus par une joueuse manifestement très compétente qui n’a pas besoin de testostérone pour écraser la table. Changez de siècle svp... » Il m’a été notamment répondu que ce n’est qu’une expression, ce à quoi j’ai rétorqué qu’associer courage et testostérone, c’est déjà limite, insistant sur le fait qu’on peut passer à un autre temps maintenant. Je ne reviens pas sur les commentaires dans le chat qui invoquaient bave aux lèvres la venue en table télé de Liv Boree, mais qui, a défaut, se délectait malgré tout de la présence de Maria Lampropoulos.

Je dois avouer que ce type d’expression (les couilles sur la table) n’a rien de nouveau et que je ne vais pas blâmer le commentateur incriminé pour une attitude malheureusement si usuelle… Mais si j’ai été interpelé sur le moment c’est que justement, les temps changent. Et, pour beaucoup (dont moi) le temps est venu de ne plus laisser passer ces propos. Alors oui, ça donne le rôle de celui qui emmerde, le rabat-joie, mais soit. Cela me fait d’ailleurs penser à une intervention de Laurence Rossignol dans une émission de télé qui disait que le rôle de la nana, dans un pot au boulot, qui dit que telle blague n’est pas drôle, telle intervention est sexiste, etc, c’est un rôle dur à prendre car c’est le rôle qui marginalise, qui fait que cette fille, au prochain pot, elle ne sera pas invitée. Dans tous les milieux, c’est à celui qui sort le propos sexiste d’être marginalisé, c’est de notre responsabilité collective d’en finir avec le sexisme, dans tous les milieux, y compris donc au poker. C’est le moment de passer à ce stade là. Si, en lisant ces lignes, vous pensez que j’exagère, que c’est bon, ça va, hé ben non, ça va pas. Parce que c’est peut-être peu là, de commenter la nouvelle coiffure de Leo Margets arrivée à la table télé du streaming du PCA qui fait instit sévère comme ça avec ses cheveux courts et ses lunettes (sic, en substance), mais un peu, plus un peu, plus un peu, etc, ça fait beaucoup. Beaucoup trop. Alors gageons qu’est venu le temps pour le monde du poker de faire son examen de conscience sur ce sujet et de prendre le train de la modernité en route. Parce que franchement, en y réfléchissant un tout petit peu, est-il vraiment nécessaire d’avoir bimbos aux grands décolletés ou des hôtesses en combinaisons latex pour faire d’un festival poker une véritable fête ?  Est-il vraiment nécessaire de voir une aguicheuse affriolante sur une affiche pour susciter l’envie (ou pas) de participer à un tournoi ? Allons, franchement…

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