Draft 1 – Clap de fin. Mais encore ?

A repenser à mon main du DSO de la Grande-Motte, je pourrais me morfondre, couvert de honte et de désolation vis-vis des stackers et de tous ceux qui m’ont fait confiance et soutenu, tant j’en suis passé à côté de mon tournoi. Mauvais timings, mauvaises décisions, peur de perdre. Et pourtant.

Comme je l’ai déjà expliqué ici, je ne me suis jamais senti aussi prêt pour réaliser ce type de tournoi : travail technique approfondi (vidéo, coaching, revue de session, volume, etc.), mise en situation de mon jeu autour de discussions poussées, notamment. Mon jeu était donc en place, et, surtout, je savais le situer.

Je ne vais pas revenir sur tout le déroulement du week-end mais je tiens à remercier très chaleureusement les membres de la team Poker & Associés qui m’ont accueilli comme l’un des leurs.

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Pour le Main, j’avais donc vraiment à cœur de bien réussir, et… du coup j’ai foiré. Vraiment foiré. J’ai fait des erreurs en étant trop scary, j’en ai même faites quasi consciemment : je les effectuais en me disant que c’était une erreur de jouer ainsi. Jessy était à ma table et je tenais vraiment à lui montrer du beau jeu. Si sa présence m’a rassuré en début de tournoi, elle a finalement accentué ma volonté de trop bien faire et m’a, en fait, bloqué. Si je l’écris là c’est justement parce qu’on en a parlé. On ne va pas parler du DSO Classic où là j’ai pu vraiment me lâcher, tant il a été bref : ça a commencé par un gros déstacking alors que je value plusieurs grosses mises avec AxAx sur une board 9x9xQx Kx 7x et que l’autre me montre 7x7x…. Puis, finir peu après sur un flip AxTx contre 9x9x pour une une turn Ax mais une river 9x. Ce n’était décidément pas mon tournoi non plus. Autant le main je l’ai foiré, autant le DSO Classic je n’ai rien à me reprocher. De fait, dans les deux cas, je n’ai pas à rougir de ma technique (théorique, s’entend) dans de tels fields. Ce sera la première leçon de ce week-end.

Une autre leçon du week-end rejoint l’importance de la détermination. A condition qu’elle soit transformée en pression positive. Le jeu à la con du vendredi soir à l’appartement en est la preuve. Je ne reviens pas sur le jeu lui-même (jeu de cartes qui consiste à annoncer des objectifs de plis à réaliser). Une team pro reste une team pro, et c’est avec professionnalisme que mes partenaires de jeu Guillaume, Jessy, Alex et Louis se sont appliqués. Faut dire, la sentence leur semblait cruelle : le perdant du jeu avait pour gage de faire les lits de tous les autres ! A la vue des gouttes de sueur perler à leur front respectifs lorsqu’ils étaient en danger, j’ai commencé à m’inquiéter sur l’état de mon propre lit si un de ces énergumènes en récoltait la réalisation… Aussi, sans volontairement perdre (je n’aurai pas cette mauvaise foi), je ne me suis pas battu autant qu’eux et ma défaite fut finalement logique, et particulièrement bienvenue à en croire les expressions de soulagement sur leurs visages. Faire des lits, je commence à être rodé et la tâche ne m’a pas été trop fastidieuse. Je retiens de cet épisode les vertus de la détermination et du professionnalisme. Quelle leçon les amis !

En fait, de ce week-end avec eux, je retiens bien d’autres choses. Nous avons de belles discussions et leur disponibilité est remarquable. Samedi soir, alors qu’Alex était à 25 left, que la soirée était déjà très avancée, il a consenti à une discussion relativement longue sur mon jeu, ma bk, mes limites, mon travail, mon mental, ma technique. Ce moment, comme d’autres, a été particulièrement précieux. De même, à l’instar de Gilles comme il l’évoque dans l’interview que j’ai fait de lui, à chaque pause, au resto, à l’appartement, j’ai bu toutes les conversations techniques. Et de ces analyses, je retiens aussi une chose qui me mettra en confiance pour la suite. Si je n’ai pas la vitesse de réflexion immédiate des regs, j’abonde très souvent dans leur sens. Leurs évidences sont pour moi l’aboutissement de réflexions assez poussées, mais je rejoins leurs conclusions ou déductions. C’est donc une question de volume et d’expérience… et encore et toujours de travail, de vidéos, de revues de sessions et d’échanges.

Mon mental a lâché ce week-end : la détermination affichée s’est transformée en pression négative : vivre un événement en team, jouer pour des stackeurs, pour une dynamique d’équipe, vouloir faire ses preuves, trop d’émotion peut-être. Et tout s’est effondré. Mais tout l’environnement autour m’a conforté dans la route que je poursuis. Alors, la suite ?

La draft 2 : une évidence ?

Cela a semblé une évidence pour la team que je tente la Draft 2. C’est vrai que c’est tentant ! Pourtant, plusieurs questions se posent :

- D’un point de vue du jeu et humainement, suis-je prêt à intégrer une telle team ? D’évidence oui. Le courant est bien passé (enfin il me semble), et réaliser des performances est envisageable sur ce genre de fields, à condition que je me fasse confiance au fil du jeu. Samedi soir, la veille du Day3 du Main, j’ai été estomaqué par la confiance affichée d’Alex. Il voulait gagner, il allait gagner, ça lui semblait presque évident. Ce n’était ni par arrogance ni par mépris de ses adversaires mais par certitude de son jeu et de ses capacités. Si Alex avait la certitude de pouvoir gagner ce tournoi, j’ai la certitude de pouvoir réaliser des itm, voire pourquoi pas un beau deep run au cours de la saison 2017. Parce que si je suis passé à la finale de la draft1, mon jeu a beaucoup évolué et progresser depuis et je pense donc être en mesure de rivaliser avec les prétendants à venir. Et donc être sélectionné.

- D’un point de vue financier, suis-je prêt à intégrer le circuit ? Là c’est une autre histoire. Sortir sur les étapes coûte cher. Si le transport, le logement et le buy in du main sont pris en charge par la structure, reste de nombreux frais : boire, manger, partager des verres, éventuellement un side. En cumulé sur 3 ou 4 jours, c’est loin d’être anodin. Et je sais pertinemment que je ne serai pas en mesure d’encaisser une saison blanche. Aussi, le risque est de jouer avec la pression du résultat. Ça se calcule et, surtout ça se décide avec irisb.

- Prenons la question dans l’autre sens : Poker&Associés a-t-il intérêt à recruter un joueur comme moi (hormis le fait que je sais faire des lits, parce que bon, faut pas pousser…) ? De toute évidence oui ! J’ai un peu discuté avec Manu (le boss) de la structure, de la communication autour des services à venir, et je me sens totalement en phase avec le pari qu’ils prennent. Je ne rentrerai pas dans le détail de l’avenir de P&A, de leur nouvelle plateforme et des services qu’ils proposeront, mais je suis absolument convaincu que je serais un élément déterminant de leur nouveau départ : joueur issu du tissu associatif (esprit de la draft), nouveau dans le monde du poker, capable de communiquer sur tous les aspects du passage de la passion du joueur lambda à une professionnalisation totale dans le cadre de P&A, le tout raconté avec passion et professionnalisme. D’un côté des joueurs pros et performants posés dans la structure (genre Alex), de l’autre un nouveau qui franchit le pas du professionnalisme, porté par l’esprit de la Team et l’ensemble des supports techniques et administratifs de la structure. Et, bien sûr, le tout communiqué le plus intelligemment possible. Aussi, si je sais bien que des joueurs techniquement plus compétents et mentalement plus solides (à ce jour, je précise) seront en compétition sur la draft 2, je pense avoir le profil parfait (en dépit de mon âge) pour porter et être porté dans le nouvel élan que va prendre P&A en 2017.

Pour poser une belle cerise sur le gâteau de ce week-end, quel plaisir de suivre la victoire d’Alex sur ce DSO ainsi que, via la TV poker&Associés et les commentaires de Jessy et d’alex, la deuxième place de Labrik sur le Million Week de Winamax. Et, comme je l’ai dit aux deux winners du week-end, mes ronflements, en fait, c’était juste des good vibrations ! C’est dire si je peux être utile dans l’équipe, non ? Pour être plus sérieux et en revenir à la Draft, on va se poser un peu avant de se décider. Et, en attendant, suivre les perfs à venir des acolytes de ce week-end, les remercier encore de leur disponibilité et leur accueil bienveillant.

En bonus track, l’interview réalisé alors que j’étais encore en jeu sur le Main.


novembre 9, 2016