Comme on peut le lire dans Wikipédia et dans les témoignages de ceux qui le courent à l’occasion, le marathon, c’est long. Tellement long que, historiquement, tant selon la première version que selon Hérodote, le messager qui part annoncer la victoire des Grecs contre les Perses dans la ville portuaire de Marathon meurt au moment où il délivre la nouvelle à Athènes.

Au début de ce week-end, je me disais que je partais pour un week-end marathon poker. Et ce fut long. très long. Samedi, je fais 6 sur 25 à un tournoi privé, pour quatre places payées. Un peu con comme place. Moins que la bulle, mais un peu con quand même. Mais quelle belle journée !

Après cette magnifique journée de samedi (merci encore) et de bien petites heures de sommeil (environ le temps qu’il me faudrait pour courir un marathon, au bas mot), je pars, poussé par un délicieux soleil de l’aube en direction du Folgoët, afin de participer au tournoi annuel au profit des Restos du Cœur. Excellente initiative du Phoenix Poker Club : le buy-in ? Quelques kilos de conserve.

Pas grand chose à raconter sur mes mains et mon jeu, sinon que je suis réconcilié avec Qx Qx qui m’ont permis de gagner un Coin flip à tapis préflop (donc contre AxKx), puis le coup suivant :
A peine arrivé à la table, sur un coup précédent, je mise avec KxJx payé une fois puis je fais un classique continuation bet sur un flop assez pauvre. Il relance 2.5 fois mon Cbet… J’arrive à la table et n’ai aucune information sur mon adversaire, il a pu très bien rentrer avec un As pourri qui touche, être déja servi, tout est possible. Je passe donc et me fait un peu attaqué mon stack. Les blinds sont déjà hautes et je n’ai pas monté beaucoup de jetons.
Deux mains plus loin seulement, en milieu de parole, j’ouvre donc QxQx. J’envoie 2.5 blind et je suis payé une fois par mon voisin de gauche dont je ne sais rien non plus. Un flop tout aussi pauvre. Je fais encore un Cbet classique, exactement le même en espérant un coup similaire qui me permettrait d’envoyer tapis. Il paye juste et tombe au turn Kd. Je mise la même somme que mon premier Cbet, et là, lui relance trois fois ma mise.
Là, je sens le poids du manque de sommeil sur mon crâne endolori : il faut réfléchir. Soit je couche maintenant et suis vraiment mal en jetons, soit je fais tapis et je l’oblige à coucher. Autre option : je fais tapis et il me paye avec moins bien que mes Qx. Possibilité ultime, je fais tapis et il a un Kx (qu’il essaye d’ailleurs de représenter, me dis-je), et c’est moi qui va me coucher. Je ne le sens pas sur le Kx, je me dis qu’il m’a vu jouer petit bras le coup d’avant et qu’il veut me faire passer même sans rien. Mais je ne sais pas comment il joue… Je ne peux pas juste payer, je n’ai plus assez de jetons et la logique serait même à la river, sauf que je lui enlèverais l’opportunité d’abandonner le coup (pour rappel au néophytes, le but n’est pas d’avoir la meilleure main que l’autre mais de lui prendre un max de jetons, que ce soit avec la meilleure main ou en le faisant abandonner les jetons qu’il a déjà engagés). Après réflexion (et mal de tête), je décide de faire tapis, en espérant qu’il n’a pas le roi. Il me paye instantanément et avant de découvrir les jeux on compte les jetons. Ça prend un peu de temps et je le sens très mal. Mais il montre JxJx. Je le couvre de très peu et fais donc un double-up plutôt bienvenu.

photo : Phoenix Poker club

photo : Phoenix Poker club

Après un changement de table, encore avec QxQx, je 3bet une mise de 2.5 blind. Vient Jx7x7x au flop. Je checke et l’autre envoie une grosse cartouche. Je fais Tapis en simulant l’arrachage pour être payé. Il annonce être devant mais couche. Je pense qu’il avait TxTx ou 9x9x. J’aurais bien aimé qu’il me paye, d’autant plus qu’il me couvrait, c’était payable de sa part, il dit que si j’ai JxJx je ne le joue pas comme ça.
A cette table fort sympathique, je reste bien longtemps. Je gagne je perds, je gagne, je perds. Je perds. Je paye un tapis avec le tiers de mon stack et 6x6x en main. Mais un autre qui me couvre fait tapis derrière moi m’obligeant à abandonner ma main. Je me dis que j’aurais dû isoler et faire tapis le premier. Il ouvre KxKx contre le Ax8x du premier tapis. bon… ça va. Un Ax au flop suivi.. d’un 6x turn m’assomme un peu, comme un coureur devant une grosse côte alors que ses jambes ne répondent plus.
Je me sens au 30ème kilomètre du marathon. Coup de bambou. Dans un second souffle, je sors une adversaire avec TxTx contre son tapis 7x7x.
C’était mon dernier coup remarquable (dans le sens ou on peut le remarquer…). Un peu plus loin, je suis grosse blind. Epuisé, un peu seul (Jeff est parti depuis un moment et il manque l’émulation de club), je dois décider de ce que je fais du 6x6x que je découvre derrière la relance hésitante du bouton. Cette fois ils vont me servir. Soit j’envoie tout de suite mes 15 BB pour le faire coucher, soit je paye et fait tapis derrière sans m’occuper du flop. C’est le genre de move qu’on peut tenter quand on est très short (ce qui n’est pas mon cas) ou quand on est à bout de souffle tout court. Là par contre… Je décide d’envoyer tout de suite et l’autre montre, amusé de son jeu d’acting, AxAx. Il m’a eu. Pas tant de regret que ça puisque le flop m’ouvrira une quinte par les deux bouts qui ne tombera pas mais qui m’aurait de toute façon ouvert un semi bluff. Mon capitaine me confirmera par texto que bluffer contre une paire d’As est une très mauvaise idée. Ceci dit, je ne suis pas tout à fait mort, la bête bouge encore avec moins d’une blind, et je triple (ante + blinds + payé) avec Ax4x contre AxQx mais qui fait quinte. Je précise que je n’ai pas fait tapis avec un as pourri parce que c’était un as, mais parce que c’était la main suivante. En effet, Ax4x est beaucoup moins vivant qu’un QxTx ou un 9X5X par exemple. Bref, je perds ensuite et sors avec KhTd contre 6h7h qui touche le 6. Il était cheap leader et m’a payé en toute logique, aucun regret.

Je sors donc dans les 40, sans regret après une magnifique journée, un magnifique week-end, que je finis à bout de souffle sur ces mots.

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Dans l’histoire, dans l’Histoire, Phidippidès meurt en annonçant la victoire à Athènes. Il me reste à vous délivrer le message important : 750 kg de denrées et produits ménagers ont été recueillis pour les Restos du coeur. Bravo au Phoenix Poker Club et Victoire donc.

Biiiiiiiiiiiiiiiiip.

dimanche 15 septembre 2013, de : à :
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