Oh Les vilains

Vilain, c’est le terme utilisé pour définir l’adversaire que vous affrontez lorsque vous racontez une main. Par convention. Car vilain, c’est aussi ainsi qu’on affuble une personne Qui est assez laid, désagréable à voir, qui déplaît. Ou encore Qui est moralement laid, malhonnête ou indécent. Par définition.

Je joue au poker pour le plaisir du jeu, pour partager des moments sympas, et pour rêver. Au gros gain. J’aime jouer avec plaisir, même lorsqu’il y a de l’enjeu. Au TPC, il y a un peu d’enjeu : une des 5 premières places au classement annuel permet par exemple de se qualifier pour la finale du CNIC. Et c’est en ce moment à Gruissan. Et plein de copains du TPC y sont, là, pendant que j’écris ces lignes. Et ne pas en être, c’est… frustrant. Et je les envie à un point…. Donc oui, jouer le mardi au club est un plaisir, ou doit l’être, un mélange d’enjeu et de joie. Parfait pour une passion. Même si parfois, fatigué, j’ai la flemme, mais je m’y efforce pour aller chercher de précieux points. Comme quand je roulais les 5 km à vélo sous la pluie troyenne lorsque je jouais à la pokerteam 510 (je vais y revenir plus loin). Si j’ai rejoint le bureau du TPC, c’est pour être acteur de la garantie de cet état d’esprit tout en promouvant un poker de qualité et respectueux du jeu et des joueurs. Du progrès, de la compétition, de l’enjeu, et du plaisir.

Le parfait contre exemple :

Mardi soir, en SnGo. Une table bien sympa. Je suis à côté de Miguel et Régis, puis Gwen, Kevin et Rachid, à proximité immédiate notamment. De quoi passer une bonne soirée. Mais à la table il y a aussi vilain (par convention, donc, vous l’aurez compris). Je suis grosse blinde, vilain est un peu short. Alors que la donne a lieu, Kevin dit avec fair play qu’il a vu une de mes cartes lorsque je les ai soulevées. Un petit débat tranquille commence sur le règlement (flashée ou pas). C’est le moment opportun que choisit vilain pour montrer sa poubelle et la brûler, et, provocant la confusion, génèrer un muck total et une nouvelle donne. Heureux de son fait, sourire mesquin en coin, il précise qu’on peut jouer jeu ouvert et qu’il n’était pas nécessaire de tout jeter, qu’il avait le droit de montrer sa main. La table entière (peu encline à se laisser prendre pour des cons) condamne une attitude au demeurant peu surprenante, puisque vilain est coutumier du fait : je l’ai déjà vu retourner la deuxième carte d’un joueur qui n’en n’avait montrée qu’une lors d’un semi bluff, puis s’en excuser faussement. Peu importe le déroulement de la suite (son tapis immédiat du ma BB alors que mon Kx brulé était parfaitement bien accompagné). Peu importe qu’il ait gagné ou pas la table par la suite. Peu importe que de manière hautaine il en réfère encore et toujours au règlement.

Je lui ai juste signalé qu’en tournoi, dans une telle circonstance, j’appelle le TD et je demande un avertissement ou une pénalité. Narquois, il dit que je peux lui sortir le règlement. Si la règle autorise ce qu’il a fait, le règlement prévoit justement de punir ce genre de mesquinerie, pour l’intérêt du jeu. Celui qui nous plait, pas le sien. Il y a l’état d’esprit porté par le règlement du poker amateur et il y a la règle stricto sensu.

Alors qu’un peu plus loin je suis très short et qu’on débat encore de la mesquinerie unanimement confirmée, Miguel juste à ma droite me propose : tu as 1500, on est en 300/600. Si personne ne bouge, je relance à 1400, tu boites à 1500 et je folde. Réglementairement c’est correct. Mais sur le plan éthique, c’est incorrect, condamnable et immédiatement punissable en tournoi. Le contexte n’a pas permis de mettre en œuvre la démonstration, mais c’eut été amusant. Je sors ensuite, content de pouvoir partir et rentrer chez moi. Et donc constater que là, très ponctuellement, la mesquinerie et la bassesse l’ont emporté. Portées par un expert en la matière, j’en conviens.

Et donc.

Si on trouve ce genre d’énergumène dans toutes les associations, la vie au TPC et les formidables moments vécus à ce jour devraient suffire à laisser couler, et faire avec, tant c’est marginal. Mais j’étais et je reste déterminé à ne pas laisser passer, à ne pas, encore une fois, accepter d’énièmes excuses à la sincérité douteuse. Justement parce que le poker associatif condamne ces comportements. Et le poker associatif est attaqué.


On cherche la transition…

Je voulais aussi revenir l’affaire du tournoi annulé à mon premier club, la Poker Team 510. Je ne vais faire pas le topo de toute l’histoire, il suffit pour ça de lire l’article de l’ami Black Succube (avec qui j’ai un peu échangé quant aux réelles motivations de la ligue) ou celui de Mama. Je reste juste dubitatif sur la concordance des dates entre les promesses de nettoyage de la Ligue (devant ses portes pour commencer) et l’annulation du tournoi de la Poker Team 510, même si la team est convaincue que la Ligue n’est pour rien dans ce qui semble être une dénonciation.
Bon, un event aussi grand avec de tels prix, ça paraît difficile à mettre en place pour un freeroll. Alors la team a décidé de le réserver à ses adhérents, obligeant ainsi à quiconque veut y participer d’adhérer (ce qui est normal et pas franchement nouveau). Il faut l’avouer, ça sent un peu le buy-in déguisé, car nombre des joueurs inscrits ne comptent pas participer à la vie de l’association en dehors de ce tournoi-là, même si l’adhésion le permet et l’encourage. Bref, je n’entre pas dans le détail, mais pour répondre à Mama, on peut organiser de gros freeroll avec de très beaux prix, le Trégor Poker Club l’a prouvé. Mais à vrai dire, on s’en fout un peu. LE TPC a choisi d’organiser des opens freeroll bien dotés et y parvient (plus de 2000€ de prizepool), la team510 a choisi d’offrir une plus grosse dotation, mais conditionnée par une adhésion au club. Et alors ? A vrai dire, le souci réel réside dans l’éventuelle irrégularité de la cotisation annuelle et non dans le fait qu’il s’agirait d’un buy in déguisé. Ouh là… à suivre… et j’y reviendrai une autre fois.

Bon et donc alors ? Qui sont ces vilains ?

Les vilains sont les empêcheurs de jouer le poker qu’on aime, le poker plaisant, convivial quel qu’en soit l’enjeu. Ceux qui dénoncent, ceux qui interdisent, ceux qui mentent ou truquent. C’est le vilain du début de ce texte qui sourit narquois devant son miroir, fier de ses points acquis par la petitesse de ses armes en dépit du bon esprit, c’est la police des jeux qui chipote sur un éventuel buy in déguisé ou non dont on se fout tant que la team510 pourra faire vivre le poker qu’on aime dans sa région, c’est celles et ceux qui ne peuvent s’accommoder d’un certain état d’esprit qui, en ces temps pourris d’exaltation du repli sur soi et de la haine de l’autre, doit être promu et plébiscité. Cet état d’esprit, je l’ai rencontré à la PokerTeam 510, je fais de mon mieux pour le perpétuer au TPC, et dans les rencontres de la région.

Question de principe.

mai 29, 2014