Quand les bots humanoïdes squattent le poker live – Interview fictif

C’est après une formidable enquête que je suis parvenu à entrer en contact avec un personnage hors du commun. On l’appellera Perceval, afin de garder son anonymat. Pourquoi a-t-il répondu à mes questions ? Lui-même va vous en donner la raison.

Nous pensions être totalement opaques mais tu nous as trouvés. Si toi y es parvenu, alors nous pouvons considérer que notre affaire tombe à l’eau. C’est dommage parce que ça commence enfin à payer. Autant donc, pour te féliciter, t’en livrer les secrets, et ensuite nous disparaissons sur d’autres business. De toute façon, il y a encore trop de limites dans notre démarche.

Alors expliquez-moi, quelle est votre démarche, et techniquement, vous vous y prenez comment ?

L’idée est de résoudre le poker non pas informatiquement, mais génétiquement. C’est assez simple sur le principe mais on a pas mal tâtonné : une modification génétique sur un chromosome nous permet de manipuler le cerveau du joueur, ou plutôt de le programmer pour résoudre le poker. C’est pas plus con que ça.

Comment est née cette idée ?

Après la victoire de MoneyMaker aux WSOP, on a tout de suite compris que le poker online allait exploser. Les opérateurs allaient se concentrer pour développer les meilleurs offres, les hackers et autres génies de l’informatique allaient développer les bots pour infiltrer les opérateurs et y faire tourner leur modèles. Notre idée était en fait toute simple : infiltrer le circuit par les joueurs eux-mêmes histoire de faire coup double : battre les meilleurs en live et online. Il restait à trouver le moyen d’intégrer le cerveau d’humains.

Vous avez tâtonné ?

Oui, comme je te le disais plus tôt. On a d’abord pensé qu’il fallait améliorer le cerveau de joueurs déjà bons. Mais c’était une erreur. Notre premier cobaye était (à son insu) Hellmuth, mais on a tout de suite constaté certains troubles neurologiques. On a abandonné cette piste. Il fallait des joueurs consentants, prêts à accepter la démarche pour que le système fonctionne. Modifier quelques gênes, bien camouflés, il faut quand même oser. Et il fallait aussi intervenir en phase prépubère, histoire que la croissance de l’individu disperse le contrôle dans le cerveau. Techniquement on entre là dans des considérations trop complexes et que nous souhaitons d’ailleurs garder pour nous puisque cela rejoint les méthodes que nous employons dans d’autres domaines. De plus, les modèles doivent répondre à certains critères : pas d’extravagances, idéalement des bonnes têtes de gentils garçons, voire de premiers de la classe ! (rires). Nos expérimentations sont principalement axés sur l’Allemagne et un peu la France depuis que nous avons quitté les USA. On a eu quelques résultats probants mais c’est tout dernièrement que nous sommes parvenus des résultats plus que significatifs. Même si, il faut l’avouer, notre affaire n’est pas encore hyper rentable.

Vous donneriez des noms ?

Vous les connaissez mais oui, on peut donner des noms à vos lecteurs. Notre modèle le plus abouti est évidemment Fedor Holz. Mais c’est gênant, il gagne trop : ça manque de discrétion. On lui a demandé d’arrêter mais il n’y parvient pas. Visiblement on perd encore le contrôle de l’individu, les gains faramineux le grisent : il vient encore de perfer en ligne. Souvenez-vous: c’était l’objectif. Battre les meilleurs autour des tables Et en ligne. On lui a demandé d’annoncer sa retraite mais il ne lâche pas.

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Ah oui comme Gilles Huet !?

Qui ?

Non rien….

Bref, voilà, notre modèle est quasi-abouti, on a réussi à obtenir des joueurs excellents, très gagnants, mais on en perd le contrôle, ça manque de discrétion. D’ailleurs on a un Français qui tente l’expérience avec nous. Mais lui c’est pareil, il gagne trop. Tournois live, tournois en ligne en séries, on lui a demandé de se calmer mais là encore, trop grisé.

Vous parlez de qui ?

Des airs de Fedor Holz, des perfs à gogo, Vous ne voyez vraiment pas ?

Ah oui, Arthur Conan !

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Vous êtes perspicace quand vous voulez ? Arthur est un chic type, on a travaillé une stratégie de gagne en ligne mais il casse la baraque trop vite. Pourtant c’était bien préparé sur ce festival des winaséries : nos copains russes balançaient un bot sur la TF d’un sunday surprise, tout le monde allait se focaliser sur les failles technologiques, et pendant ce temps là Arthur gagnait un WS, mais pas le Main tout de suite, histoire d’être discret. Mais ce petit con n’a pas pu s’empêcher d’en gagner trois. Et encore on l’a menacé pour qu’il s’arrête là. Et heureusement que le Main était réservé à un bot de l’Est !

C’est un bot qui a gagné le Main Event ?

Vous avez vu le HU ? Vous croyez que c’est humain de jouer aussi vite ? Bref, notre force à nous était d’être les premiers bots génétiques, et pas informatiques. Mais notre contrôle des joueurs est encore trop aléatoire, aussi il vaut mieux jeter l’éponge sur la partie poker, on a mieux à vivre dans d’autres activités. A ce propos, elle en est à combien de buts la triplette du Barça ?

Quoi ?!?

septembre 20, 2016